Juste pour voir Nyon comme un rond dans l’eau, esthétique & ludique.

projet points
de vue

À l’origine de ce projet, il y a un geste simple : la découpe en biais d’un cylindre de carton, donnant naissance à un anneau dont la forme invite naturellement à être saisi, regardé et exploré.

Né comme une recherche artistique pour un projet destiné à la Ville de Nyon dans le cadre de la FAC, l’anneau a d’abord été imaginé et mis en situation dans différents lieux emblématiques de la ville. Ces expérimentations ont permis de questionner son rapport à l’architecture, au paysage et aux personnes qui le regardent.

Au fil des échanges entre l’artiste Pierre Schwerzmann, l’architecte Marcel Perrin et la graphiste Claire Schwerzmann, le projet a progressivement trouvé une nouvelle dimension. Alors qu’un projet architectural était envisagé autour de la plage des Trois Jetées, l’idée est apparue de placer l’anneau directement dans l’eau, en dialogue avec le lac.

Devenu sculpture flottante, l’objet n’est plus seulement observé : il entre en mouvement avec son environnement. Porté par l’eau et influencé par le vent, les vagues et la lumière, il se déplace, s’oriente et transforme sans cesse le paysage qu’il cadre.

Le lac devient alors à la fois support, matière et sujet de l’œuvre. Chaque déplacement de la sculpture, chaque changement de lumière et chaque point de vue offrent une nouvelle perception, entre contemplation et jeu.

Pensé collectivement, ce projet poursuit ainsi une même intuition : créer une œuvre simple et vivante, capable de révéler autrement un lieu que nous croyons pourtant connaître.

Compétences
transversales

Un anneau sur le lac

le projet

Pierre Schwerzmann

Ce projet a pour origine le résultat d’un geste simple et intuitif, deux découpes parallèles en biais dans un cylindre de carton. Il en est résulté un anneau biseauté invitant à être tenu dans la main. Tourné vers l’espace pour voir à travers, il incite à jouer de ses métamorphoses formelles. Mon travail d’artiste est depuis longtemps soucieux du rapport entre ce qui est déjà là et ce qu’une œuvre pourrait faire advenir dans un dialogue vivant. À partir de cette expérience visuelle en petit format, l’envie m’a pris d’en faire une sculpture pour l’espace public de la ville de Nyon. C’est à partir de cette impulsion que j’ai ressenti le besoin de travailler en collectif. Le choix d’une collaboration entre générations laisse entendre une transmission et s’enrichit de compétences diverses nécessaires à un tel projet. Cette intuition s’est révélée particulièrement heureuse puisqu’elle a permis d’envisager le lac comme lieu d’ancrage mouvant de cette sculpture sur la suggestion de Marcel. Le lac est en nous et nous n’oublions pas que le musée du Léman se trouve à Nyon, qu’il est en voie d’être revitalisé et que ce serait une belle opportunité de l’accompagner d’un objet d’art sous forme d’hommage ludique à ce milieu naturel plus que millénaire.

Marcel Perrin

L’idée d’une collaboration pluridisciplinaire et intergénérationnelle, imaginée par Pierre pour ce projet destiné à l’espace public, m’a immédiatement intéressé. La forme de la sculpture proposée, sa simplicité et sa force visuelle m’ont d'emblée séduit, je me suis pris au jeu. Très vite, la question de son emplacement en Ville de Nyon devient cruciale. Nous sentions, au fur et à mesure de nos échanges, que son lieu d’encrage serait au moins aussi important que la forme. Après maintes réflexions, mises en images par Claire, nous avons l’intuition que c’est le lac, sa surface changeante, qui sera l’environnement avec lequel l’œuvre entrera le mieux en résonance. La sculpture, comme posée sur l’eau, devient un révélateur de l’état des éléments naturels. Le vent, les vagues, la lumière, agissent sur ce volume flottant qui s’oriente, bouge et reflète les nuances de l’eau et du ciel. Les points de vue sont ainsi démultipliés par celles et ceux qui regardent, assistant à un spectacle sans cesse renouvelé, chacun, chacune peut devenir actrice et acteur de ce jeu en acceptant de se mouiller. A nouveau, la perception change, le point de vue est bas sur l’eau, rasant, à hauteur des nageuses et des nageurs, presque en contreplongée. Il y a la possibilité d’un contact, d’un jeu sensoriel autour et avec la sculpture qui tantôt vire, tangue, sombre et émerge... A la fois contemplative et ludique, notre proposition s’accorde harmonieusement avec la vocation de la plage des Trois Jetées.

Claire Schwerzmann

Dans un monde où tout va trop vite, l’attention portée à notre environnement s’efface peu à peu. Ce que j’aime dans cette sculpture, c’est qu’elle nous invite à regarder, à ralentir, à prendre conscience de ce qui nous entoure. Que l’on se tienne derrière, devant, au-dessus ou à distance, chaque angle de vue offre une perception différente. Cette interaction changeante enrichit notre expérience et nous engage pleinement dans l’acte de voir. La proposition du lac comme support mouvant de l’œuvre faite par Marcel Perrin a fait l’objet de nombreuses réflexions. Comme l’a souligné Pierre, le lac fait partie de notre ADN en raison de nos origines lémaniques. Sa surface, parfois plane et calme, parfois tempétueuse, crée un espace propice à la contemplation. Grâce à cet anneau, le lac devient le centre de toute l’attention et se trouve magnifié par la sculpture qui le cadre et le révèle sous un jour toujours nouveau.